2 janvier: Saint Basile-le-Grand à l’honneur

Sans titre

Vers 330, quand naît Basile, Césarée est une ville opulente et cultivée. Ses théâtres, ses thermes, ses fêtes bercent son enfance et celle de son frère Grégoire. Comme il est d’usage pour les jeunes gens de l’aristocratie, leur famille les envoie étudier à Constantinople puis à Athènes.

Sa formation achevée, Basile regagne Césarée bien décidé à jouir de son statut, de son savoir et de ses biens. Sa sœur aînée, Marcrine, l’exhorte, en mémoire de leur grand-père martyr du Christ, au mépris des vanités du monde. Basile reçoit l’admonestation fraternelle comme un don de la Grâce. Son baptême est une nouvelle naissance. Il vend tous ses biens et se retire dans la solitude monastique, d’abord en Syrie et en Palestine, puis sur les bords de l’Oronte.  Dans le silence et la prière, il rédige une Règle empreinte de charité et de lumière qui deviendra, et demeurera encore aujourd’hui, la Règle de tout le monachisme oriental.

Crédit : Archives de la SHSBLG, Fonds Richard Pelletier Description : Ce timbre, émis par la Grèce, commémore la création de la Croix-Rouge. Saint Basile le Grand, illustré ici, en est considéré comme le précurseur.

En 362, l’évêque Dianios l’appelle à ses côtés. Basile, ordonné prêtre, quitte à regret la quiétude de sa retraite et se retrouve plongé dans un monde déchiré, défiguré, dans lequel le luxe insolent des riches offense l’extrême pauvreté du peuple. Les propriétaires terriens exploitent honteusement les paysans et quand les conditions climatiques s’en mêlent, la vie quotidienne prend des allures de tragédie. Basile ne peut admettre cette situation qui blesse la conscience humaine et déshonore une société chrétienne. Alors il prêche avec passion, les paroles mêmes du Christ : « Ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’aurez fait. »

Inventif, intrépide, indifférent au jugement des puissants et des riches, il pèse de tout le poids de son autorité pour qu’en matière de justice et de partage le fléau de la balance s’incline vers les pauvres et les petits. Durant l’hiver 368-369, la famine s’abat sur la Cappadoce, Basile joint le geste à la parole et se fait le serviteur des pauvres.

Bouleversé par le drame d’un père obligé de vendre l’un de ses enfants comme esclave pour atténuer la misère des siens, il décide d’agir. « Il rassemble au même endroit les victimes de la famine – il y en avait même qui respiraient à peine – hommes, femmes, petits enfants, vieillard, tous les âges dignes de pitié; il fait une collecte de vivres de toute espèce, de tout ce qui constitue un secours contre la faim; il fait disposer des marmites pleines de purée de légumes et de cette conserve salée qu’on trouve chez nous et dont les pauvres se nourrissent. » Fidèle au Christ serviteur qui, ceint d’un lige, lave les pieds de ses disciples, Basile nourrit les affamés, soigne les malades et réconforte les mourants.

Lorsqu’en 370, l’évêque Eusèbe meurt, Basile, malgré sa santé fragile, miné par les privations, est élu à quarante ans, au siège épiscopal de Césarée de Capadoce.

Près de Césarée, il construit une ville nouvelle. Bâtie autour d’une maison de prière, la ville comprend à la fois des habitations pour les prêtres et pour les magistrats, des abris pour les étrangers et les hôtes de passage, un hospice de vieillards, un hôpital – dont un quartier est réservé aux maladies contagieuses – et des logements pour les employés et les ouvriers. Et comme en 369, Basile remplit les marmites!

Inventeur de la « soupe populaire », fondateur de l’un des premiers hôpitaux, évêque courageux, Basile fut aussi l’un des plus grands théologiens de son temps.

(sources: spiritualité2000, wikipedia, patristique.org)

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